Bio

2016, Merzhin entre dans le club très fermé des groupes encore en activité après 20 ans de carrière et nous offre « Babel » comme une manière de dire « j’ai 20 ans, je n’ai plus rien à prouver et encore beaucoup à dire ».

Comme si le groupe avait pris un recul gigantesque sur la vie, sur la condition de l’homme avec ses peurs, sa relation à l’autre (« A travers toi »), ses contradictions, son infamie (« La planète », « Apocalypolitico ») et ses dangers. Babel s’écoute comme on lirait un carnet de voyage initiatique.

Les musiques sont brutes et rugueuses comme jamais (« La traque »), et tout aussi paradoxalement, les textes sont emplis d’une philosophie et d’une sagesse peu communes (« Conquistador »). On sort de cet album avec l’impression d’avoir été au cœur d’un rite chamanique au mezcal.

Avec ce 6ème album, le groupe se livre en profondeur et n’hésite pas à lever le voile sur ses modèles et ses inspirations (« Muhammad Ali »), mais également sur les difficultés et nos démons tel un prisme (« Babel »). L’écriture est léchée et quasi cinématographique (« Be Bope Lula »).

C’est à se demander si, comme l’évoque la pochette de l’album, ce disque n’a pas pu être conçu tel un labyrinthe, sollicitant de nombreuses écoutes avant d’en saisir avec précision l’ensemble des subtilités, la portée réelle des images et les nuances des métaphores.

Merzhin a 20 ans et continue pour autant à évoluer et à se bonifier. Les tournées aux quatre coins du monde et le millier de concerts n’ont pas eu raison du groupe. Au contraire, ils n’ont fait que renforcer sa détermination, son esprit d’indépendance, et sa soif de liberté. Le discours est clair: « Ouvre les yeux, prends conscience des absurdités du monde et bats-toi pour en défendre la beauté ».

Merzhin, plus que majeur, est aujourd’hui une entité revendiquant mieux que jamais un point de vue et un regard sur le monde. L’œil ornant la pochette du disque est bel et bien là pour le rappeler. C’est résolument plus qu’un groupe de rock, il en a le fond, la forme et encore mieux (« La Planète »).

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